
Le jardin du Domaine de Lacroix-Laval ne cesse d’évoluer depuis sa recréation en 2003 par le Conseil Général du Rhône. Il s’enrichit et s’inscrit à présent dans une démarche globale résolument tournée vers l’éducation à l’environnement et une sensibilisation au travail sur le végétal.
Le potager, consacré en partie à l’horticulture lyonnaise, se place dans une réflexion sur le rapport Nature-Culture en abordant les questions suivantes : Comment l’Homme connaît, améliore et utilise les plantes ?
Historique : En 1925 le comte de Lacroix-Laval remanie le parc et le château. Les travaux sont confiés aux paysagistes Duchêne et Linossier. C’est à cette époque que fut réaménagé le jardin régulier puis le potager, jardin d’utilité indispensable à la vie des châtelains. Ce dernier comprenait alors plusieurs espaces : le « fleuriste », avec une serre et des massifs de plein-air, dédié aux plantes ornementales destinées à fleurir les salons ; le « potager » et le « buissonnier » consacrés respectivement aux légumes et aux arbres fruitiers. La Société d’Horticulture lyonnaise, de passage en 1933, remarque plusieurs variétés « locales » c’est-à-dire créées à Lyon et dans ses environs.
Le voyage des plantes
Le jardin potager du Domaine de Lacroix-Laval permet de découvrir plus de 700 espèces et variétés disposées sur un parcours thématique évoquant le voyage des plantes et l’histoire de l’horticulture. Fleurs, fruits et légumes sont répartis en 6 secteurs, qui, du jardin sauvage au jardin technologique, retracent l’évolution des végétaux depuis leur découverte par l’Homme dans la Nature, aux techniques horticoles modernes. Effectuez un voyage dans le temps mais aussi dans l’espace grâce à la découverte de nombreuses plantes originaires des cinq continents et désormais présentes à Lacroix-Laval.
Le « jardin sauvage », ponctué de rhubarbes d’ornement, provenant de Chine, de gunneras, d’origine brésilienne et de pétasites du Japon aux feuillages démesurés, de prêles et de fougères, est un clin d’œil aux forêts tropicales originelles découvertes par les premiers explorateurs au cours de leurs voyages autour du monde.
Le jardin « semi-sauvage » présente des espèces qui ont été sélectionnées, domestiquées et améliorées par l’Homme à des fins diverses : alimentaires, ornementales, médicinales… Nous y trouvons par exemple les espèces à l’origine de la laitue, des choux, des zignias ou des cardons.
Les légumes du « potager traditionnel » sont sélectionnés pour leur diversité, leur originalité ou la provenance locale des variétés. Vous y trouverez des carottes blanches ou violettes, des radis verts ou encore des tomates zébrées de jaune ou de vert. Regardez attentivement les noms des variétés afin de retrouver le navet « noir long de Caluire », le poireau « bleu de Solaize » ou la poirée « verte à cardes blanches de Lyon » par exemple, tous originaires de la région lyonnaise.
Certains légumes du jardin sont aussi cultivés selon les principes de l’hydroponie (culture hors-sol) sur des tables situées dans le secteur technologique.
Comparez les résultats de ces deux types de culture, l’un traditionnel et l’autre résolument contemporain !
La serre
L’ancienne serre construite en 1942, abrite une collection de fuchsias obtenue par la famille Rozain-Boucharlat, d’abord installée « montée des Chartreux » (1er arrondissement de Lyon). A partir 1840, ces horticulteurs travaillèrent à la découverte et à l’amélioration de différentes variétés qui seront connues outre Atlantique.
Quelques-unes des 900 espèces de
Salvia (sauges) connues dans le monde sont venues prendre place sous notre serre. Les sauges aux vertus innombrables : antibactérienne, antisudorifique, ont des visages multiples et exotiques trop souvent méconnus, comme ceux des variétés « Red hot lips » ou « Blue angel »… Cette plante mythique employée dans les rituels amérindiens ou dans la confection du vinaigre des 4 voleurs, contre la peste, n’a pas fini de vous surprendre.
Quelques agrumes et autres plantes rares sont aussi présentés ici tels le Cédrat main de Bouddha, offrandes rituelles des temples indiens, ou le « Gloriosa rotschildania » dédié aux Rotchild, financeurs de plusieurs expéditions botaniques.
Plantes à parfum
Laissez-vous conduire par d’étranges et agréables fragrances depuis l’allée des senteurs jusqu’au jardin des aromatiques…. Ici les parfums se dégagent des fleurs, des feuilles ou des racines. Humez l’odeur capiteuse et persistante des fleurs de la tubéreuses, retrouvez le miel et le poivre de la fleur du lis de l’Himalaya, ou le vétiver dont les racines odorantes, chargées en terpènes, servent aussi de répulsif contre les insectes.
Une large allée est consacrée aux plantes aromatiques, ces
simples qui regorgent de substances actives identifiées pour leurs propriétés médicinales. Leurs parfums se retrouvent en cuisine et dans nos eaux de toilette, dans les liqueurs et les confiseries. Nous choisissons ici de vous présenter des aromatiques peu communes dont une collection de basilics, source d’inspiration culinaire sans cesse renouvelée avec le basilic cannelle, le basilic réglisse, le Siam Queen, l’indonésien, le marseillais, le Spice Boys Ararat, l’ Opal…
Les aromatiques, sauge, rue, hysopes… sont aussi, bien souvent, une solution efficace pour repousser les parasites des cultures.
Un jardinage respectueux de l’environnement
Depuis cinquante ans, l’agriculture et l’horticulture ont beaucoup évolué et de nouvelles techniques voient le jour régulièrement. Par souci de protection de l’environnement, de l’eau et des sols, le Domaine de Lacroix Laval s’est orienté vers un mode de culture respectueux de la nature.
L’ensemble du potager est ainsi conduit en culture biologique : aucun traitement chimique n’y est réalisé. Pour enrichir le sol en substances nutritives, du fumier et de la paille sont régulièrement enfouis ; ils servent aussi de paillage au pied des arbres et limitent l’évaporation de l’eau et donc des arrosages.
Parallèlement un système de cultures associées est mis en place. Il s’agit d’utiliser les capacités qu’ont certains végétaux à éloigner les parasites et les maladies et à stimuler la croissance des plantes. Ce procédé permet les cultures sans insecticide ni pesticide.
On peut par exemple associer les carottes aux radis qui les protègeront des attaques d’araignées rouges. De même, les haricots éloignent les doryphores des pommes de terre.
Une approche des techniques horticoles modernes
Parmi les techniques horticoles modernes nous expérimentons la culture hydroponique. Elle consiste à cultiver des plantes sur un substrat inerte (billes d’argile), immergées dans une solution qui apporte tous les éléments nutritifs nécessaires aux plantes. Les racines ne sont donc pas dans de la terre, mais dans de « l’eau enrichie en nutriments » d’origine biologique.
Ce circuit fermé permet de faire des économies substantielles d’eau comparativement à la culture en pleine terre.
La lutte biologique intégrée est «l'utilisation d'organismes vivants pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des ravageurs».
Son principe repose sur un agent de lutte (= auxiliaire) qui va lutter contre la prolifération des ravageurs (= insecte indésirable) en le mangeant.
Cette lutte peut se faire avec :
Un insecte entomophage, qui va consommer l’insecte nuisible. Par exemple, les coccinelles sont des prédatrices de pucerons et les larves peuvent en manger plus de 200 en deux semaines.
Un insecte parasitoïde, qui va parasiter les œufs ou larves de l’insecte nuisible. Par exemple, les Aphidius, sorte de toutes petites guêpes, pondent leurs œufs dans le corps du puceron. La larve se développe alors dans le puceron, en le mangeant de l’intérieur, ce qui le tue. L’adulte sort alors du puceron et va à son tour pondre dans un autre insecte ravageur.
Histoire de l’horticulture lyonnaise
La région de Lyon a été le berceau d’une intense activité horticole. Les cultures légumières, fruitières et florales ont connu dans cette zone une émulation sans égal. Cette situation a permis de générer une multitude de connaissances, de compétences locales, de savoirs et de pratiques techniques, aussi bien dans le domaine de la culture que de la création de jardin ou de nouvelles variétés ornementales. Toutefois, les fondements historiques et l’évolution de cette horticulture, la richesse des plantes cultivées et les acteurs qui ont accompagné cette fabuleuse épopée sont aujourd’hui presque entièrement ignorés.
Un conservatoire de fruits et de légumes
Lors de la création du potager, les variétés locales comme le rosier « Gloire lyonnaise » ou la laitue « De Pierre Bénite » étaient déjà cultivées. C’est pour renouer avec cette tradition que le Conseil Général du Rhône a mis en place, depuis 2006, un projet de conservation et de démonstration des variétés lyonnaises.
Chaque année, la collection de plantes légumières, fruitières et florales s’enrichit de variétés locales retrouvées en France ou à l’étranger. Actuellement, plus de 120 variétés sont présentes dans le potager.
Les arbres fruitiers
Une cinquantaine d’arbres fruitiers, originaires de la région ont été plantés et conduits selon des formes d’origines locales attestées dans la documentation, réunie par le CNRS et le Centre de Recherche Botanique Appliquée.
Au fil de la visite découvrez le poirier « Notaire Lepin » (Obtenu par Rollet en 1879) et conduit en
croisillons lyonnais (Durand, avant 1889), ou le pommier « Reinette Vignat » (Obtenu par Vignat), conduit en
Palmette en éventail Verrier (Verrier, 1851).
Hybridation des plantes
Retrouvez dans le jardin les principales étapes de l’amélioration des pivoines. Dès le XVIIè siècle, les européens découvrent les pivoines à fleurs doubles, en Chine. Aujourd’hui il existe 5 formes de fleurs de pivoine.
- Simple à une seule rangée de pétales : forme de la plupart des pivoines sauvages.
- Semi-double : plusieurs rangées de pétales autour d'étamines riches en pollen.
- Japonaise : à un rang de pétales, autour d'un centre de pétales plus petits issus de la modification des étamines.
- Double : toutes les étamines centrales sont transformées en pétales.
- A fleur d’anémone : forme japonaise améliorée.
Sur réservation, des animateurs vous proposent diverses activités :
- Ateliers enfants, adultes et scolaires
- Journées de découverte du parc et du potager : Journées Vertes
- Visites commentées du jardin potager
- Rendez-vous aux Jardins
Pour plus de détails, consultez le livret de programmation estivale du Domaine de Lacroix-Laval, disponible à l’accueil. Vous y trouverez notamment le calendrier des animations.
Prochainement : des lecteurs MP3 seront à votre disposition pour une visite autonome (se renseigner au secrétariat du domaine).
Si vous souhaitez obtenir plus d’informations, contactez le service médiation :
04 78 87 87 00