Accéder autrement à Lacroix-Laval : la ligne 72, nouvelle respiration pour l’ouest lyonnais

08/07/2026

Un territoire en mouvement : pourquoi la mobilité compte à Lacroix-Laval

L’accès au parc de Lacroix-Laval – ce vaste écrin de verdure de 115 hectares aux portes de la métropole de Lyon – reste un sujet central pour les habitants de l’ouest lyonnais, mais aussi pour tous ceux qui cherchent à retrouver l’équilibre entre ville et nature. Chez nous, à Charbonnières et dans les villages environnants (Marcy-l'Étoile, La Tour-de-Salvagny, Tassin-la-Demi-Lune), la question de l’accès ne se résume pas à une simple commodité : elle touche à la fois à notre qualité de vie, à la respiration de nos week-ends, et à une vision durable de l’utilisation du territoire.

Le modèle du « parc à voiture », majoritaire il y a encore quelques années, montre aujourd’hui ses limites. Embouteillages lors des beaux dimanches, tensions sur les stationnements, et un impact environnemental toujours à questionner : nombreux sont ceux qui préfèrent désormais venir autrement. C’est dans cette dynamique que l’arrivée – ou plutôt la redéfinition – de la ligne 72 TCL prend tout son sens.

La ligne 72 : une liaison en prise directe avec les usages d’aujourd’hui

Depuis plusieurs années, la ligne 72 du réseau TCL (Transports en Commun Lyonnais) relie Gorge de Loup (Lyon 9ᵉ) à Brindas, traversant notamment Tassin, La Tour-de-Salvagny et Marcy-l’Etoile. Sa particularité : une desserte fine des abords du parc de Lacroix-Laval, ce qui en fait l’un des rares transports en commun franchissant la « couronne ouest » sans passer par des gares ferroviaires éloignées. Ce positionnement stratégique n’est pas anodin : le territoire qu’elle traverse connaît à la fois un dynamisme démographique et un besoin croissant de solutions de mobilités douces ou partagées.

Un tracé pensé pour le quotidien… et pour l’évasion

  • Départ : Gorge de Loup, arrimé au réseau métro D et à de nombreux bus majeurs de la métropole
  • Arrêts principaux : Tassin – Les Flachères, Casino Le Phare, La Tour-de-Salvagny Gendarmerie
  • Arrêt Lacroix-Laval : Directement à l’une des entrées piétonnes du parc, côté Marcy
  • Arrivée : Brindas, pôle de vie périurbain dynamique

Avec un passage toutes les 20 à 30 minutes en journée sur la semaine (source : site officiel TCL), la ligne 72 s’adresse à la fois aux actifs, collégiens, familles et retraités, ainsi qu’aux groupes et promeneurs du week-end. Un atout tangible pour la valorisation de l’espace public et la qualité du cadre de vie.

Ligne 72 et fréquentation du parc : des chiffres et des faits qui parlent

Le parc départemental de Lacroix-Laval accueille, selon les chiffres du Département du Rhône, près de 1 million de visiteurs annuels. Or, plus de la moitié de ces visiteurs proviennent de l’ouest lyonnais ou de Lyon intra-muros. Pourtant, moins d’un quart s’y rendent en transport en commun.

L’arrivée (ou plutôt la montée en puissance) de la ligne 72 vient donc répondre à deux enjeux majeurs :

  1. Réduire la pression automobile et les pics de fréquentation du parking les week-ends
  2. Offrir une alternative fiable, écologique et accessible financièrement

Concrètement : dès la saison 2021, le Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise (Sytral) a observé +18% d’usagers sur l’arrêt « Lacroix-Laval » lors des dimanches printaniers, par rapport à la moyenne annuelle, signe d’un usage récréatif marqué (source : rapports Sytral 2021-2022).

Principaux avantages en chiffres

Indicateur Avant ligne 72 (2018) Après (2022)
Nombre de passages par jour 18 32
Fréquentation « arrêt Lacroix-Laval » (dimanche moyen) ~130 ~230
Pourcentage visiteurs venant en TCL 15 % plus de 23 %

Derrière ces chiffres, ce sont surtout des usages nouveaux : les familles du quartier des Flachères prennent le bus pour éviter les embouteillages ; les promeneurs matinaux adaptent leurs horaires à ceux du bus ; les scolaires profitent d’un accès facilité au parc pour des activités sportives.

Une évolution concrète du quotidien pour les habitants

La ligne 72 contribue, à l’échelle locale, à redéfinir les mobilités du quotidien. De nombreux témoignages recueillis sur le terrain confirment cet impact : pour les séniors de La Tour-de-Salvagny, la ligne représente une autonomie nouvelle pour se rendre au parc, mais aussi pour rejoindre le centre-ville ou accéder à Gorge de Loup, porte d’entrée vers l’ensemble de la métropole.

  • Pour les familles : fini le casse-tête du parking bondé, le bus dépose à l’entrée du parc, côté Marcy, à cinq minutes à pied des premières prairies.
  • Pour les associations et groupes : Organisation simplifiée d’événements et d’activités collectives.
  • Pour les randonneurs et promeneurs : possibilité de prévoir un itinéraire « aller/retour » sans dépendre de la voiture.

La ligne 72 croise en outre plusieurs pistes cyclables et sentiers piétons, permettant de combiner différents modes doux.

Un levier pour la préservation du site naturel

La lutte contre la saturation automobile dépasse la simple question de nuisance sonore ou de stationnement. Pour un espace tel que Lacroix-Laval, où la préservation des sols et la tranquillité des animaux tiennent une place centrale (espaces Natura 2000, gestion différenciée des prairies), limiter la pression automobile est un engagement fort.

  • Moins de CO2 émis sur les derniers kilomètres
  • Moins de pollutions accidentelles, notamment sur les parkings
  • Protection accrue des entrées piétonnes, souvent plus qualitatives (sécurité, accessibilité, paysage)

C’est là que la promotion de la ligne 72 s’inscrit dans une logique de valorisation patrimoniale et de cadre de vie : utiliser les transports en commun, c’est participer activement à la préservation de ce que nous chérissons collectivement.

Entre métropole et campagne, un maillage en devenir

L’ouest lyonnais, historiquement moins bien desservi par les transports en commun que l’Est ou la presqu’île, amorce un changement de paradigme. L’expérience de la ligne 72 nourrit la réflexion sur les futures liaisons du territoire : renforcement de la fréquence, création de nouveaux arrêts pour desservir des lieux de vie en mutation (Zac de l’Hippodrome, collège Jean-Charcot…).

Le Grand Lyon et le Sytral l’ont compris : pour accompagner la transition démographique (hausse de +12% de la population à Marcy-l’Étoile en 10 ans, source INSEE), il faut penser la mobilité comme un service à part entière, non seulement pour les actifs mais aussi pour les loisirs et l’accès à la nature.

D’autres initiatives expérimentales voient également le jour, à l’image des navettes électriques estivales ou des démarches de covoiturage local (cf. projet Mov’ici Rhône sur la plateforme Mov’ici).

Perspectives : comment amplifier la dynamique au bénéfice de tous ?

La ligne 72 ne révolutionne pas seulement l’accès au parc : elle préfigure un mode d’habiter et de circuler autrement l’ouest lyonnais. Si la dynamique reste à amplifier (fréquence en soirée, meilleure communication sur les horaires, facilitation de l’intermodalité vélo/bus), elle montre la capacité à fédérer des attentes et un engagement local.

  • Informer mieux : fléchage renforcé aux abords du parc, informations lisibles sur les arrêts, valorisation sur les supports touristiques locaux
  • Penser à tous : accessibilité renforcée pour les personnes en situation de handicap, confort des poussettes et des groupes, tarification adaptée.
  • Soutenir l’initiative associative : encourager les événements qui valorisent une arrivée en transport en commun (fêtes, ateliers, balades guidées).

S’offrir la verdure de Lacroix-Laval sans voiture n’est plus un vœu pieux, mais une option solide, soutenue par des acteurs locaux engagés. À nous de saisir l’occasion, de relayer les bons usages, et d’inscrire ce changement dans la durée – pour un territoire vivant, accessible, et en équilibre entre nature et dynamisme local.

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