- Adoption d’une gestion différenciée des espaces verts pour favoriser la flore et la faune locales
- Maintien de prairies naturelles et de corridors écologiques essentiels
- Suppression progressive des produits phytosanitaires et priorité au désherbage manuel ou mécanique
- Valorisation du bois mort pour l’habitat des insectes et oiseaux
- Sensibilisation du public à travers la signalétique et des animations nature
- Suivi scientifique de la biodiversité en partenariat avec des naturalistes
- Implication forte des associations locales et des usagers, pour une préservation partagée du site.
Lacroix-Laval : un exemple vivant de gestion écologique
05/04/2026
Une gestion différenciée des espaces, au service du vivant
Le parc de Lacroix-Laval se distingue par une gestion différenciée, concept central des politiques de ville durable. Il s’agit d’adapter l’entretien à la nature de chaque espace : toutes les pelouses ou allées ne se ressemblent pas, et ne nécessitent pas le même traitement.
- Les vastes prairies naturelles sont fauchées de manière tardive, souvent une à deux fois par an. Cette méthode permet à la flore sauvage de mener son cycle complet, favorisant l’épanouissement d’orchidées, de marguerites et d’autres plantes rares, tout en laissant le temps aux insectes et oiseaux de nicher et se nourrir (source : Métropole de Lyon).
- Les pelouses de proximité, proches des aires de jeux, sont entretenues plus régulièrement. Ce choix respecte l’usage familial tout en maintenant une mosaïque d’habitats, essentielle aux espèces.
- Les lisières forestières et bosquets bénéficient d’un entretien léger, avec conservation du bois mort et limitation de la coupe, afin d’offrir refuge et ressources à la faune saproxylique (insectes, oiseaux cavernicoles…).
Dans ce schéma, l’homme n’est plus seulement gestionnaire, mais véritable gardien, ajustant ses gestes selon la saison et la physiologie du lieu. L’intervention humaine cherche à s’effacer, laissant place à des dynamiques naturelles dont les bénéfices dépassent largement le cœur du parc.
Des pratiques sans pesticides, pour une nature retrouvée
L’abandon des produits phytosanitaires, communément appelés “pesticides”, fait désormais partie des exigences des espaces publics en France, en particulier depuis la loi Labbé de 2017. Lacroix-Laval ne fait pas figure d’exception.
- Le désherbage thermique ou mécanique est désormais la norme, particulièrement sur les chemins, murets et allées carrossables.
- Le paillage naturel sous les massifs et les arbres limite la prolifération des herbes indésirables tout en nourrissant le sol.
- Des essais de plantes couvre-sol ou de micro-pelouses rustiques sont régulièrement conduits, en particulier dans les zones où la fréquentation rend le gazon traditionnel difficile à maintenir.
De tels choix ont modifié le paysage, conférant aux talus, ruisseaux et bords de chemins un aspect plus “sauvage”. Cette évolution, parfois surprenante pour les habitués, est assumée : elle contribue directement à la résilience du parc face aux canicules, aux maladies et à la raréfaction des pollinisateurs.
Préserver la biodiversité : inventaires et actions concrètes
À Lacroix-Laval, la biodiversité se décline au fil des parcours : plus de 900 espèces floristiques recensées (source : Conservatoire Botanique National du Massif Central), une trentaine d’espèces de papillons, des salamandres et de nombreux oiseaux nicheurs dont la pie-grièche ou la chouette hulotte.
Pour protéger et enrichir cette diversité, plusieurs mesures sont devenues emblématiques :
- Installation de nichoirs à oiseaux et hôtels à insectes, conçus avec l’aide d’associations naturalistes (ex : la LPO Rhône – Ligue pour la Protection des Oiseaux).
- Mise en défens (c’est-à-dire la pose de barrières temporaires) de certaines zones sensibles durant les saisons de reproduction ou de floraison rare.
- Recensement annuel de la faune et la flore, examiné conjointement avec des experts pour adapter les modalités de gestion en fonction des découvertes nouvelles.
- Limitation de l’introduction d’espèces exotiques et suivi rigoureux des espèces invasives (comme la renouée du Japon ou le robinier faux-acacia).
Ce travail, de nature souvent discrète, est pourtant fondamental. Il permet non seulement d’ajuster les pratiques mais aussi de sensibiliser les visiteurs à l’existence de trésors souvent invisibles au premier regard.
Valoriser le bois mort, les haies et les mares pour un parc “habité”
Contrairement aux pratiques anciennes qui visaient à “nettoyer” systématiquement le paysage, la gestion écologique à Lacroix-Laval privilégie le maintien du bois mort, la préservation des haies et la création ou la restauration de mares.
- Le bois mort – branches tombées, troncs morts, souches – est laissé sur place ou empilé à distance des cheminements. Il sert d’abri à de nombreux insectes, oiseaux et petits mammifères, utiles à l’ensemble de la chaîne alimentaire.
- Les haies champêtres sont entretenues selon un cycle étalé, favorisant le développement de floraisons successives et de baies indispensables à la faune locale.
- Les mares et zones humides, souvent relictuelles d’anciens aménagements agricoles, ont été restaurées ou créées pour accueillir batraciens et libellules, contribuant à la vie aquatique du parc.
L’ensemble de ces éléments tisse une trame écologique, indispensable pour permettre aux espèces de circuler d’un bout à l’autre du parc, mais aussi de relier Lacroix-Laval aux autres espaces naturels de la Métropole de Lyon.
La sensibilisation et l’implication des usagers : un enjeu clé
À Lacroix-Laval, la préservation du cadre de vie passe inévitablement par une implication des visiteurs et des habitants. La gestion écologique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une sensibilisation active et d’une appropriation collective.
- Signalétique pédagogique : des panneaux explicatifs jalonnent certains sentiers, accessibles à tous, pour expliciter les choix de gestion (fauchage tardif, zones de quiétude, rôles des insectes…).
- Animations nature : des ateliers autour de la faune, de la flore ou du compost sont organisés tout au long de l’année par des associations impliquées localement.
- Partenariat avec les établissements scolaires du secteur (Marcy-l’Étoile, Charbonnières…) pour des chantiers éducatifs ou des projets d’observation à long terme.
Certains choix peuvent surprendre, parfois agacer : des herbes hautes jusqu’en juin, des branches mortes non ramassées, quelques secteurs “laissés à l’état sauvage”. Mais ces évolutions sont discutées, expliquées, pour construire une adhésion plutôt qu’une simple acceptation.
Un parc intégré dans le réseau d’espaces naturels de la Métropole
Lacroix-Laval ne constitue pas une île, mais bien l’un des maillons du réseau d’espaces naturels à l’échelle de la Métropole. Sa gestion écologique s’inscrit dans la stratégie “Trame verte et bleue”, pilotée en partenariat avec les collectivités, les conservatoires et les associations.
Cette coopération vise à :
- Maintenir des corridors écologiques pour la faune entre le parc, l’Yzeron et les Monts du Lyonnais
- Partager les retours d’expérience pour alimenter d’autres sites de la région (ex : parc de Parilly, parc de la Tête d’Or…)
- Développer une approche cohérente face au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité
Le parc sert ainsi de laboratoire à ciel ouvert : chaque essai ou méthode testée à Lacroix-Laval nourrit, à terme, l’ensemble des espaces naturels urbains du territoire.
Vers une co-construction continue
La gestion écologique du parc de Lacroix-Laval démontre que nature et accueil du public peuvent coexister, à condition de co-construire les usages, d’accepter une part d’évolutivité et de faire confiance au rythme du vivant. Ce modèle – respectueux et ouvert – continue d’inspirer les acteurs locaux, tout en restant attentif aux évolutions et attentes de ses usagers.
Devenir visiteur de Lacroix-Laval, c’est ainsi participer à une aventure partagée, où l’avenir du parc se dessine collectivement, au fil des saisons, des expériences et des engagements de chacun.
Pour aller plus loin :
- Métropole de Lyon : Espaces naturels et gestion écologique
- LPO Rhône : découvertes ornithologiques et animations au parc
- Conservatoire Botanique National du Massif Central : inventaire floristique
- Association Les Amis du Parc de Lacroix-Laval
Pour aller plus loin
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